Politique 2 min 03 April 2026 à 11h08

Burkina Faso : Ibrahim Traoré appelle à « oublier » la démocratie et prolonge la transition

Kossi-Kouma AKOSSOU

Kossi-Kouma AKOSSOU

Sociologue & Enseignant
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Diplômé en sociologie de l'éducation et enseignant, passionné par l'éducation et l'analyse des faits sociaux.

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Burkina Faso : Ibrahim Traoré appelle à « oublier » la démocratie et prolonge la transition
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Ibrahim Traoré, chef de la junte au Burkina Faso, appelle à « oublier » la démocratie et prolonge la transition politique, privilégiant la lutte contre l’insécurité.  

 

Le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la junte au pouvoir au Burkina Faso, a déclaré que les Burkinabè devaient « oublier » la démocratie, lors d’un entretien télévisé diffusé jeudi. Arrivé au pouvoir en septembre 2022 après un coup d’État — le deuxième en moins d’un an —, il assume désormais ouvertement le caractère non démocratique du régime.

 

Une transition prolongée et des institutions démantelées

Initialement prévue pour s’achever en juillet 2024 avec des élections, la transition politique a été prolongée. Une nouvelle charte autorise la junte à rester au pouvoir pour cinq années supplémentaires, tout en permettant à Ibrahim Traoré de se présenter aux futurs scrutins.  

Dans cette dynamique, plusieurs institutions clés ont été dissoutes :  

- La Commission électorale nationale indépendante (Céni) en octobre 2025.  

- Les partis politiques, dont les activités étaient suspendues, en février 2026.  

 

Sécurité nationale et soutien international

Lors de son entretien de plus de deux heures, le chef de la junte a insisté sur la priorité donnée à la lutte contre l’insécurité. Le Burkina Faso fait face depuis près d’une décennie à des attaques jihadistes meurtrières.  

Il a rejeté les accusations d’exactions visant l’armée et ses supplétifs, affirmant que les forces burkinabè mènent seules les combats, malgré un soutien matériel de la Russie.

 

Le sort de Paul-Henri Sandaogo Damiba

Ibrahim Traoré a également évoqué son prédécesseur, Paul-Henri Sandaogo Damiba, récemment extradé vers Ouagadougou. Celui-ci est poursuivi pour des accusations liées à des tentatives de déstabilisation.

 

Une nouvelle orientation politique

Ces déclarations marquent une étape décisive dans l’orientation politique du Burkina Faso, où la priorité affichée par les autorités reste la sécurité nationale, au détriment du calendrier démocratique.  

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