À Ziniaré, le 2 juin 2026, Consigui Saïbata a donné la vie quelques heures avant de s'asseoir dans une salle d'examen pour décrocher son BEPC. Un courage silencieux qui force l'admiration.
Ce mardi 2 juin 2026, Ziniaré s'est levée avec deux battements de cœur à célébrer en même temps. D'un côté, les candidats au Brevet d'Études du Premier Cycle (BEPC) finissaient leurs dernières révisions dans la fébrilité habituelle des jours d'examen. De l'autre, au Centre Médical avec Antenne (CMA) de la ville, une autre épreuve, infiniment plus physique, touchait à sa fin.
Très tôt dans la matinée, Consigui Saïbata donnait naissance à un garçon. Quatre heures de travail, des douleurs intenses, puis ce premier cri qui transforme tout. Un bonheur immense, aussitôt rattrapé par une question brûlante : l'examen allait-il pouvoir avoir lieu ?
Une décision prise au sommet du jury
À 7 heures, l'information parvient au jury. La situation est jugée exceptionnelle. Les responsables alertent la hiérarchie. La mère de Saïbata, Konsimbo Mariam, retenait son souffle, craignant que la rigidité du calendrier administratif l'emporte sur l'état physique de sa fille.
Après concertation, la décision tombe : Saïbata composera. Des infirmiers évaluent son état, mesurent les risques. Une voiture noire s'immobilise devant l'établissement. Deux accompagnatrices aident la jeune mère à descendre. Son corps est solidement enveloppé dans un pagne épais ; seuls ses yeux vifs, décidés sont visibles.
« Je ne suis pas totalement en forme, mais je n'abandonne pas. »
Consigui Saïbata, candidate au BEPC 2026, quelques instants avant d'entrer en salle
« Elle tenait absolument à composer »
La phrase résonne comme un serment. Brève. Tranchante. Prononcée par un corps qui frissonne encore entre l'épuisement de l'accouchement et la concentration que réclame un examen national.
Saïbata assure avoir bien travaillé tout au long de l'année. Les épreuves ne lui font pas peur : ce matin-là, la peur a déjà été vaincue ailleurs, dans la douleur et le sang, à l'hôpital.
« Je lui avais dit de laisser, parce qu'elle vient d'accoucher. Mais elle est déterminée. Elle tenait absolument à composer. C'est pourquoi j'ai fait les démarches auprès des autorités éducatives. »
Konsimbo Mariam, mère de la candidate
Selon sa mère, Saïbata était régulière aux cours tout au long de l'année : assidue, sérieuse, rigoureuse. La maternité ne devait pas effacer des mois d'efforts et de sacrifices.
En salle d'examen au Lycée Bassy
Quelques heures après avoir donné naissance à son fils, Consigui Saïbata prend place dans une salle du jury 3, hébergé au Lycée Bassy de Ziniaré. Devant elle : des sujets de composition. Derrière elle, invisible mais présent dans chaque souffle, un berceau qui attend.
Ce jour-là, à Ziniaré, une candidate n'a pas seulement cherché à décrocher un diplôme. Sans discours, sans slogans, elle a rappelé que la volonté humaine peut défier la fatigue, la douleur et toutes les conventions. Saïbata a déjà son plus beau trophée dans les bras. Le BEPC, lui, est désormais une autre bataille menée avec l'âme d'une mère et le courage d'une combattante.
Saïbata a déjà son plus beau trophée dans les bras.
Le BEPC est une autre bataille celle d'une mère et d'une combattante.
Like et partage ❤️
Commentaires (0)
Créer un compte pour commenterRejoignez la conversation !
Commentez, likez et participez aux quiz éducatifs
Soyez le premier à commenter